On nous a appris à tenir bon.
À anticiper, à contrôler, à rester vigilants.
À ne rien laisser au hasard — surtout pas nos émotions, nos failles, nos zones d’ombre.
À force, cette posture devient une seconde peau. Et souvent, on ne se rend même plus compte qu’on est en hyper-contrôle permanent.
Hyper-contrôle, hyper-vigilance : quand le corps n’en peut plus
L’hyper-vigilance n’est pas qu’un état mental.
C’est un état du système nerveux.
Un corps toujours en alerte, même au repos.
Une respiration haute et courte.
Des mâchoires serrées, un ventre contracté, des épaules qui ne descendent jamais vraiment.
Sur le long terme, cette tension chronique épuise :
- fatigue profonde,
- troubles du sommeil,
- anxiété diffuse,
- inflammations,
- difficultés digestives,
- perte de joie et de confiance.
Le corps vit comme s’il y avait toujours un danger à éviter. Même quand, objectivement, il n’y en a pas.
Et c’est là que le mental montre ses limites.
Pourquoi le lâcher-prise ne se décrète pas
On ne “lâche pas prise” parce qu’on a compris qu’il faudrait le faire.
On ne se détend pas par une injonction intérieure.
Le mental peut analyser, expliquer, rationaliser…
mais il ne sait pas relâcher un système nerveux en état d’alerte.
Le lâcher-prise est une expérience physiologique avant d’être une idée.
Il se produit quand le corps reçoit un message clair et répété :
« Tu es en sécurité. Tu peux ralentir. Tu peux arrêter de tenir. »
Retrouver la foi : pas une croyance, mais une sensation
Parler de foi ici n’est pas forcément religieux.
C’est une foi plus simple, plus archaïque :
la confiance que la vie peut nous porter sans que nous ayons à tout contrôler.
Quand on est en hyper-vigilance, cette foi disparaît.
On se sent seul face au monde, responsable de tout, tout le temps.
La foi revient quand le corps fait l’expérience directe du soutien :
- être porté par le sol,
- soutenu par un toucher conscient,
- enveloppé par un rythme lent et sécurisant.
La foi renaît quand le corps se souvient qu’il peut se déposer.
Le chemin du corps : lenteur, profondeur, temps long
Le lâcher-prise authentique passe par des pratiques qui respectent le rythme du système nerveux.
Pas des techniques “efficaces en 10 minutes”.
Mais des espaces où le temps s’étire.
Le yoga restauratif, par exemple, propose des postures tenues longtemps, soutenues par des coussins, des couvertures, sans effort. Le corps n’a rien à réussir. Juste à être là. Peu à peu, le système nerveux descend d’un cran — puis d’un autre.
Le massage tantrique, lorsqu’il est pratiqué dans un cadre éthique et conscient, agit de la même manière :
par la lenteur extrême, la qualité de présence, l’écoute du souffle, le toucher non pressé.
Il ne cherche pas à provoquer, mais à autoriser.
Autoriser le corps à sentir, à fondre, à relâcher des couches de contrôle parfois très anciennes.
Dans ces espaces, quelque chose de plus grand que le mental peut enfin prendre le relais.
Retrouver le temps long pour guérir en profondeur
Le corps ne se détend pas sur commande.
Il a besoin de répétition, de douceur, de patience.
Retrouver le temps long, c’est accepter que la guérison ne soit pas spectaculaire, mais profonde.
Qu’elle se fasse couche après couche.
Silencieusement.
Et un jour, sans qu’on sache exactement quand, on réalise :
- que la respiration est plus ample,
- que le cœur est moins serré,
- que le monde semble un peu moins menaçant.
Le lâcher-prise n’est pas un abandon.
C’est un retour à l’intelligence du vivant.
Et peut-être, au fond, un acte de foi envers la vie elle-même.
Avec Amour Inconditionnel,
Sahridaya